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Le prix Pierre Mac Orlan 2015 couronne Claudie Hunzinger

samedi 21 mars 2015, par webmestre

La lauréate recevra son prix vendredi soir (20 mars 2015) au salon du livre de Paris.

Le 10e prix Pierre Mac Orlan sera remis vendredi à 18h30 au Salon du livre de Paris à Claudie Hunzinger pour La langue des oiseaux (Grasset), l’histoire d’une romancière partie vivre à la montagne pour écouter les oiseaux.

Claudie Hunzinger vit à la montagne où elle écrit et fabrique des livres. Elle a publié deux romans chez Grasset, Elles vivaient d’espoir et La survivance.

Le prix Pierre Mac Orlan, présidé par Pierre Bergé, distingue un ouvrage de langue française s’inscrivant dans l’univers de Pierre Mac Orlan et qui fait une large place à l’aventure et l’imaginaire.

Son jury se compose de Pierre Bergé, Alain Borer, Gilles Costaz, Jean-Baptiste Harang, Armelle Héliot, Fabienne Jacob, Gilles Lapouge et François Vallejo.

P.-S.

Crédit photographique : Françoise Saur

1 Message

  • La langue des oiseaux 18 décembre 2015 17:21, par Laurent Stephan Baussart

    Levé ce matin de dimanche 13 décembre 2015 à potron-minet, il est 9h et je viens d’aller voter avec, à la main, mon livre « La Langue des Oiseaux » de Claudie Hunzinger.

    Beau temps dégagé, air piquant de l’hiver qui s’annonce. Tout ira bien ? Je me dirige alors vers le « Café des Sports » de Gaillac, ma ville depuis bientôt dix ans, et y commande prestement un double expresso. Ambiance de voix entremêlées, 90% masculines, 90% de retraités. Sujets entendus dans le brouillard de mon esprit non encore bien caféiné : les femmes, les retraites, les jeux de carte (Pépé à l’entrée ne triche-t-il pas ?), les maladies, le sport et… l’acte citoyen fraîchement effectué. Les questions fusent, quelques voix montent, un dimanche matin comme les autres à Gaillac ?

    Un mois après le 13 novembre, ce 13 décembre résonne en moi ; est-il une nouvelle clé pour que le monde puisse avancer ou bien reculer dans sa sombre histoire pas si lointaine, faite de suspicions, de libertés bafouées, d’infraternité, d’inégalités entre les hommes ?

    Donc « La Langue des Oiseaux » de Claudie Hunzinger. Un livre étonnant terminé il y a quelques jours, entre les deux tours. Doit-on tous se poser, trouver un repaire (des repères ?), réfléchir et faire sa retraite, spirituelle ou non ? En venir aux extrémités, aller s’isoler dans les montagnes quelques mois ? La narratrice Zsa Zsa a tranché. Après avoir écrit et édité son premier roman elle loue une rare maison spartiate dans les Vosges. Maison conçue par l’architecte Jean Prouvé après La Libération et située dans les bois pas toujours hospitaliers des Vosges mais où les oiseaux chantent, lui « parlent » même quelquefois. Confond même leur langage avec celui du chinois ancien qu’elle peine à traduire, y trouve des similitudes…

    Isolée mais étrangement connectée, une rencontre virtuelle, improbable et fortuite, via Ebay, arrive très rapidement dans cette écriture de repli pressé. De l’autre côté de l’écran Kat-Epadô, chinoise en exil (forcé ?) permanent, poète francophone et francophile débute chichement mais avec éblouissement son œuvre par l’écriture d’annonces d’enchères sur Ebay en vendant ses uniques biens : l’ensemble de 108 cartons pleins de jupes, manteaux, pantalons et autres vêtements inclassables et uniques, tous estampillés de la marque japonaise « Comme des Garçons ». Kat-Epadô serait presque l’exacte inverse de Zsa Zsa. Toujours en fuite alors que son opposée se terre dans les Vosges. L’une maniant un français iconoclaste et original alors que l’autre croit foncer vers la rigidité, le cadre. Son refuge n’est-il pas d’ailleurs un simple carré ?

    Forcément, la fascination entre elles opère peu à peu au fil des longs mois et des saisons qui se succèdent. Et c’est là que la magie de l’écriture de Claudie Hunzinger opère. Ce livre restera en moi bien sûr. Résonance. Imprégnation. Pourtant sorti durant l’été 2014, le « destin » a mis ce livre entre mes mains maintenant où je me pose beaucoup de questions, comme certains d’entre nous. L’humanité est-elle vouée à l’échec ? Doit-on résister coûte que coûte ? Partir pour un autre chemin, en ermite, du moins quelques temps ?

    « La Langue des Oiseaux » de ces forêts des Vosges dont il n’est finalement que très peu question ici est distillée de façon subreptice et subtile par l’auteur. Une manière d’apaiser le monde fou de l’extérieur et de faire montre de son inconsistance parfois mais aussi de sa beauté. Les vecteurs de la poésie Zsa Zsa : un troglodyte perdu, les sons inconnus et inquiétants de la forêt ou encore une hermine blanche surgissant de nulle part.

    Kat-Epadô, de l’autre côté de son écran, avec son « français inférieur » crée avec une maladresse enchantée une autre forme de langage poétique, une vision d’avenir : quitter tout, se débarrasser du matériel lourd pour sa psyché, pour mieux recommencer.

    La rencontre improbable aura lieu… Avec ce livre, pour vous qui me lisez ce matin…

    Claudie Hunzinger – La Langue des Oiseaux
    Par Laurent Stephan Baussart ©
    13 décembre 2015

    PS : Si vous avez l’occasion lisez aussi les 3 romans de Béatrice Leca mais notamment l’hypnotique « Aux bords des forêts » (Melville – 2004)

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